Poitiers Mag de Novembre 2018 : Article de Nathalie Rimbault-Ratière

Les plans de la honte: ça continue

Inlassablement, le gouvernement poursuit ses plans. L’an passé,  il annonçait  la disparition des emplois aidés sous des prétextes fallacieux. Ce gigantesque plan de licenciements a touché principalement des hommes et des femmes souvent peu qualifié.e.s, jeunes ou moins jeunes, chômeur.se.s de longue durée, pour lesquels ces contrats, bien que peu rémunérés et précaires, ont  souvent constitués la seule façon de trouver ou retrouver un emploi.

Ce plan est venu alourdir le plan de déconstruction sociale amorcé par  la baisse des  dotations aux collectivités,  la diminution de l’indemnisation chômage, la baisse de 5euros des APL,  la hausse de la CSG pour les retraités.

Pour contrebalancer l’impopularité de ces plans, le « Président des riches » jette des miettes aux plus précaires de nos concitoyens avec un plan de lutte contre la pauvreté et la précarité. Après toutes les attaques en règle contre les plus démunis, la pauvreté de ce plan enfonce le clou du cynisme érigé en système.

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Poitiers Mag d’Octobre 2018 : Article de Nathalie Rimbault-Herigault

Vigilance et exigence

 Le respect des réglementations et des normes s’applique à tous et en particulier pour les établissements recevant du public (ERP). Cela entraîne des contrôles réguliers, dont la mairie est partie prenante. Les décisions prises collégialement, avec les pompiers, la police, la DDT et la Préfecture, vont de l’avis favorable à défavorable. Lorsque l’avis est défavorable, nous pouvons prescrire des observations à régler dans un délai raisonnable qui, en cas de non réalisation, peuvent entrainer l’arrêt de l’activité. Les conséquences de ces décisions sont mûrement réfléchies, la priorité de la sécurité du public étant toujours le principal souci. Rien ne pourrait justifier de faire courir des risques à la population. La Mairie ne transigera jamais là-dessus.

 Les élus communistes participent aussi à ces contrôles et l’assument pleinement car la sécurité du public n’a pas de prix. Les lois, normes et règlements qui visent à le protéger doivent être respectées.

 

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Communiqué de Presse du 02 Octobre : La Maison

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Conseil Municipal du 24 Septembre 2018 : Intervention de Coralie BREUILLE-JEAN : La Maison

La prise en charge des mineurs isolés étrangers n’est pas une problématique poitevine.

Partout en France, en particulier dans les grandes agglomérations, nous retrouvons ces mêmes questions :

Qui pour les prendre en charge ?

Qui pour les accompagner dans leurs démarches administratives ?

Qui pour les loger, les nourrir, les soigner et assurer leur éducation ?

Les questions de migrations et de prise en charge des refugiés sont des compétences de l’Etat. La protection de l’enfance, celle du Département.

L’un et l’autre, ici comme partout en France, ne se montrent pas à la hauteur des enjeux. Souvent par manque de moyens, parfois par idéologie comme lorsque notre gouvernement préfère chasser les humains qui rentrent dans le pays que les capitaux qui en sortent.

En attendant, de simples citoyens sauvent l’honneur de notre pays et font ce que les institutions devraient faire. Se montrer humain et responsable. A Poitiers, comme partout en France, des dizaines de famille se sont organisées et accueillent maintenant depuis de nombreux mois des mineurs chez eux. Leur donnant ainsi un foyer, leur montrant ainsi le visage fraternel de la France. Ce qui permet de maintenir un statu quo encore supportable.

Mais à Poitiers, comme partout en France, ces accueils individuels se sont parfois montrés insuffisant et d’autres solutions ont dû être trouvées. Et des citoyens n’ont eu d’autres choix que d’en venir à l’occupation illégale de bâtiments inhabités. C’est un cas de ce type qui nous préoccupe aujourd’hui à Poitiers.

Le logement de fonction du Premier Président de la cour d’Appel, inoccupé depuis des années, est squatté depuis le mois de Juin. Occupé par une vingtaine de mineurs, encadrés par un collectif sérieux et responsable, ce squat n’a généré aucune nuisance vis-à-vis du voisinage (qui se montre d’ailleurs solidaire du collectif) ni aucune dégradation du bien en question.

Pourtant, avec une rapidité surprenante, probablement inédite et surement sans aucun rapport avec le fait que la maison lui appartienne, la justice a déjà autorisé l’expulsion.

Est-ce que cette expulsion solutionnera le problème ? Sachant qu’aucune partie responsable (Etat ou Département) n’a pris d’engagements concernant le futur des expulsés, nous ne le croyons pas.

Au mieux, ces mineurs trouveront une famille volontaire pour les accueillir. Et de l’organisation d’une solidarité collective, on légitimera une addition de solidarité individuelle, avec les risques pour les uns et les autres que cela comporte. Au pire, ces mineurs finiront dans un nouveau squat ou à la rue.

Est-ce acceptable ? Les poitevins nous ont montrés, par leur mobilisation, qu’ils étaient solidaires. A l’image de la Ville que nous, majorité de gauche depuis 40 ans avons souhaité construire. Nous devons, en tant que conseil municipal nous poser la question de savoir ce que nous devons et pouvons faire pour répondre cette exigence de solidarité.

Les élus du conseil municipal représentent les habitants de Poitiers. Pas seulement ceux qui votent. Pas seulement les Français. Pas seulement les majeurs. N’en déplaise à certains, les mineurs isolés de la Maison sont des Pictaviens. Et nous leur devons de veiller à leur sécurité aussi. Nous ne pouvons donc accepter que la préfecture les expulse sans garantir leur accueil immédiat.

Nous devons participer à trouver une solution collective pérenne à cette situation, dans la mesure de nos moyens, et sans faire croire que seuls, nous pouvons et pourrons tout résoudre.

 

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Poitiers Mag de Septembre 2018 : Article de Laurent Lucaud

Notre logement social est en danger

 Pendant l’été, le gouvernement déconstruit le modèle social et locatif français de l’habitat à travers le projet de loi « ELAN », à savoir :

 Les communes déficitaires en logements HLM se doivent d’atteindre progressivement un quota de 25% de logements sociaux. Paradoxalement, elles  pourront vendre leur patrimoine et permettre à des acteurs privés (fonds d’investissement, de pension) d’acheter en nue propriété des immeubles entiers.

Les logements ainsi vendus resteront comptabilisés pendant 10 ans dans les quotas de logements sociaux et cela même pour les villes qui ne respectent pas la législation des 25%. Au terme des 10 ans, les acteurs privés pourront revendre les logements à la découpe.

De plus, si 100% des logements neufs devaient être accessibles aux personnes à mobilité réduite, cette obligation faite aux constructeurs sera désormais de 10%. Par cette loi, le gouvernement introduit la discrimination dans l’accès au logement et porte atteinte à tout projet de mixité et de cohésion sociale

 

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Conseil Communautaire du 22 Juin 2018 Intervention de Laurent Lucaud : Contractualisation avec l’Etat

Cette délibération me fait irrésistiblement penser aux bourgeois de Calais. Nous devrions, collectivement, remettre les clés de notre administration à l’état, comme les bourgeois de calais avaient dû le faire avec l’envahisseur anglais.

Les services et les vice-présidents aux finances semblent en convenir eux-mêmes car Il est assez rare de devoir voter une délibération dont les motivations listent les défauts, soulignent les paradoxes et limites pour au final quasiment ne rien dire concernant les avantages. Pourtant, c’est bien ce qui nous est demandé avec cette convention financière avec l’état.

Ce n’est pas surprenant, la contractualisation des dépenses de fonctionnement des collectivités est indéfendable. Sur la forme, comme sur le fond.

Sur la forme car cette contractualisation n’a de contrat que le nom. Quand on signe un contrat, on discute, on prend une feuille blanche avec les objectifs respectifs, ceux qui peuvent être mis en communs ou rapprochés. Là, c’est un contrôle et une contrainte, pas un contrat. Que l’on soit d’accord ou non, que l’on signe ou non, les contraintes et éventuelles sanctions nous seront imposées. Il s’agit là bel et bien d’un diktat.

Sur le fond, nous sommes bien sûr opposés à ce que l’État s’immisce dans la construction souveraine de nos budgets. Cela constitue une remise en cause sans précédent de la libre administration des collectivités territoriales, pourtant garantis par la Constitution.

Au-delà des grandes phrases, concrètement, cela veut dire que lorsque nous votons le budget, nous donnons mandat à Francis Chalard et Claude Edelstein de gérer les finances de cette intercommunalité. Pas à M. Edouard Phillippe  ou Gerald Darmanin.

Et si nous décidons, politiquement, souverainement, de dépenser 1.5% pour gérer notre intercommunalité, nous n’avons pas besoin que quelqu’un vienne nous taper sur les doigts. Ce sont les habitants de Grand Poiriers que doivent  nous sanctionner. Nous avons été élus par les citoyens de nos communes pour mettre en œuvre des programmes, des politiques publiques qu’ils ont choisis. Avec ces contrats, c’est ce choix démocratique qui est bafoué.

Les comptes de Grand Poitiers sont bien tenus, comme dans de très nombreuses collectivités, contrairement aux comptes de l’Etat. Alors en voulant contrôler le niveau d’augmentation des dépenses de fonctionnement, l’Etat ne cherche pas en fait à contrôler la bonne gestion. Il cherche à contrôler les politiques publiques mises en œuvre.

Si l’objectif est de réduire les services publics, que le gouvernement l’affiche et on verra ce que la population répondra !

Si L’État décide de rattraper le retard et d’augmenter les salaires des fonctionnaires (ce que nous applaudirions), comment ferons-nous ?

Si l’Etat, comme à son habitude, délègue de nouvelles compétences sans compensations, comment ferons-nous ?

Si demain, l’inflation repart à la hausse, à 2% ou plus, comment ferons-nous ?

Notre opposition à la contractualisation est donc bien sur une contestation politique mais c’est aussi en l’occurrence une position de principe. En effet, les budgets que nous avons votés, depuis maintenant de nombreuses années, sont des budgets raisonnés, maitrisés et contrôlés. Et notre refus présent ne signifie pas que nous encouragerons à l’avenir des politiques dispendieuses.

 

Mais ce dispositif est incohérent et inacceptable. Nous ne le voterons donc pas

 

 

 

 

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Conseil Municipal du 18 Juin 2018 : Intervention de Coralie Breuillé : Politique d’approvisionnement

Le 26 Mai 2018, l’Assemblée Nationale a voté un projet de loi demandant à la restauration collective publique d’inclure 50% de produits bio et préservant l’environnement dont 20% minimum de bio dans ses denrées d’ici à 2022.

Mais elle n’a rien prévu de plus : aucun moyen financier supplémentaire, aucun accompagnement dans les démarches, aucun encadrement de production.

Demander aux collectivités territoriales de porter seule un nouveau modèle d’agriculture, sans mettre en place les conditions pour y arriver, ce serait comme annoncer qu’on ne veut plus personne à la rue, mais baisser les budgets des CHRS de 20M d’euros. Ce serait comme annoncer qu’on veut faire de l’accompagnement social une priorité mais supprimer 4000 postes à Pôle Emploi. Ou dire qu’on fait de la politique pour l’homme pauvre, mais vouloir réduire le budget des aides sociales tout en supprimant l’exit tax. Ou rappeler que l’immigration, ce sont des vies humaines qui se jouent mais laisser l’Aquarius au milieu de la Méditerranée

Bref, ça n’aurait aucune cohérence ou alors il faut m’expliquer.

Heureusement pour nous ,cela fait plusieurs années que la ville de Poitiers mène une politique ambitieuse pour allier qualité des aliments servis et redistributions locales des deniers publics.

Elle va même déjà au-delà de ce que prévoit la loi dans certains domaines : des œufs de plein air et un repas végétarien ou végétalien presque chaque semaine alors que l’amendement sur la suppression de l’élevage en cage et celui sur l’introduction des repas végétariens ont été rejetés , 25% de denrées biologiques alors que les 20% prévus par le projet de loi ont été retoqués par le sénat.

Parce que le travail a déjà été engagé, la ville atteindra l’objectif de 50 % de produits bio et/ou locaux en 2019.

Contrairement à ce que certains peuvent dire, les produits non bio ne sont pas empoisonnés, et la localité, ça signifie quelque chose :

Ça veut dire de l’huile de Chauvigny, des yaourts de la Gartempe et des pâtes de Senillé Saint Sauveur, donc des producteurs, agriculteurs-transformateurs, qui peuvent développer leurs activités en investissant et donc créer des emplois.

Ça veut dire des producteurs de quinoa de Lhomaizé qui ont des commandes stables et peuvent se projeter.

Ça veut dire des producteurs de fruits et légumes qui se sont fédérés en coopérative, s’entraident et développent leur filière.

Cela signifie réinjecter l’argent public de façon locale.

Je vous propose donc de voter cet engagement de la ville dans sa politique d’approvisionnement.

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