Poitiers Mag de Septembre 2018 : Article de Laurent Lucaud

Notre logement social est en danger

 Pendant l’été, le gouvernement déconstruit le modèle social et locatif français de l’habitat à travers le projet de loi « ELAN », à savoir :

 Les communes déficitaires en logements HLM se doivent d’atteindre progressivement un quota de 25% de logements sociaux. Paradoxalement, elles  pourront vendre leur patrimoine et permettre à des acteurs privés (fonds d’investissement, de pension) d’acheter en nue propriété des immeubles entiers.

Les logements ainsi vendus resteront comptabilisés pendant 10 ans dans les quotas de logements sociaux et cela même pour les villes qui ne respectent pas la législation des 25%. Au terme des 10 ans, les acteurs privés pourront revendre les logements à la découpe.

De plus, si 100% des logements neufs devaient être accessibles aux personnes à mobilité réduite, cette obligation faite aux constructeurs sera désormais de 10%. Par cette loi, le gouvernement introduit la discrimination dans l’accès au logement et porte atteinte à tout projet de mixité et de cohésion sociale

 

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Conseil Communautaire du 22 Juin 2018 Intervention de Laurent Lucaud : Contractualisation avec l’Etat

Cette délibération me fait irrésistiblement penser aux bourgeois de Calais. Nous devrions, collectivement, remettre les clés de notre administration à l’état, comme les bourgeois de calais avaient dû le faire avec l’envahisseur anglais.

Les services et les vice-présidents aux finances semblent en convenir eux-mêmes car Il est assez rare de devoir voter une délibération dont les motivations listent les défauts, soulignent les paradoxes et limites pour au final quasiment ne rien dire concernant les avantages. Pourtant, c’est bien ce qui nous est demandé avec cette convention financière avec l’état.

Ce n’est pas surprenant, la contractualisation des dépenses de fonctionnement des collectivités est indéfendable. Sur la forme, comme sur le fond.

Sur la forme car cette contractualisation n’a de contrat que le nom. Quand on signe un contrat, on discute, on prend une feuille blanche avec les objectifs respectifs, ceux qui peuvent être mis en communs ou rapprochés. Là, c’est un contrôle et une contrainte, pas un contrat. Que l’on soit d’accord ou non, que l’on signe ou non, les contraintes et éventuelles sanctions nous seront imposées. Il s’agit là bel et bien d’un diktat.

Sur le fond, nous sommes bien sûr opposés à ce que l’État s’immisce dans la construction souveraine de nos budgets. Cela constitue une remise en cause sans précédent de la libre administration des collectivités territoriales, pourtant garantis par la Constitution.

Au-delà des grandes phrases, concrètement, cela veut dire que lorsque nous votons le budget, nous donnons mandat à Francis Chalard et Claude Edelstein de gérer les finances de cette intercommunalité. Pas à M. Edouard Phillippe  ou Gerald Darmanin.

Et si nous décidons, politiquement, souverainement, de dépenser 1.5% pour gérer notre intercommunalité, nous n’avons pas besoin que quelqu’un vienne nous taper sur les doigts. Ce sont les habitants de Grand Poiriers que doivent  nous sanctionner. Nous avons été élus par les citoyens de nos communes pour mettre en œuvre des programmes, des politiques publiques qu’ils ont choisis. Avec ces contrats, c’est ce choix démocratique qui est bafoué.

Les comptes de Grand Poitiers sont bien tenus, comme dans de très nombreuses collectivités, contrairement aux comptes de l’Etat. Alors en voulant contrôler le niveau d’augmentation des dépenses de fonctionnement, l’Etat ne cherche pas en fait à contrôler la bonne gestion. Il cherche à contrôler les politiques publiques mises en œuvre.

Si l’objectif est de réduire les services publics, que le gouvernement l’affiche et on verra ce que la population répondra !

Si L’État décide de rattraper le retard et d’augmenter les salaires des fonctionnaires (ce que nous applaudirions), comment ferons-nous ?

Si l’Etat, comme à son habitude, délègue de nouvelles compétences sans compensations, comment ferons-nous ?

Si demain, l’inflation repart à la hausse, à 2% ou plus, comment ferons-nous ?

Notre opposition à la contractualisation est donc bien sur une contestation politique mais c’est aussi en l’occurrence une position de principe. En effet, les budgets que nous avons votés, depuis maintenant de nombreuses années, sont des budgets raisonnés, maitrisés et contrôlés. Et notre refus présent ne signifie pas que nous encouragerons à l’avenir des politiques dispendieuses.

 

Mais ce dispositif est incohérent et inacceptable. Nous ne le voterons donc pas

 

 

 

 

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Conseil Municipal du 18 Juin 2018 : Intervention de Coralie Breuillé : Politique d’approvisionnement

Le 26 Mai 2018, l’Assemblée Nationale a voté un projet de loi demandant à la restauration collective publique d’inclure 50% de produits bio et préservant l’environnement dont 20% minimum de bio dans ses denrées d’ici à 2022.

Mais elle n’a rien prévu de plus : aucun moyen financier supplémentaire, aucun accompagnement dans les démarches, aucun encadrement de production.

Demander aux collectivités territoriales de porter seule un nouveau modèle d’agriculture, sans mettre en place les conditions pour y arriver, ce serait comme annoncer qu’on ne veut plus personne à la rue, mais baisser les budgets des CHRS de 20M d’euros. Ce serait comme annoncer qu’on veut faire de l’accompagnement social une priorité mais supprimer 4000 postes à Pôle Emploi. Ou dire qu’on fait de la politique pour l’homme pauvre, mais vouloir réduire le budget des aides sociales tout en supprimant l’exit tax. Ou rappeler que l’immigration, ce sont des vies humaines qui se jouent mais laisser l’Aquarius au milieu de la Méditerranée

Bref, ça n’aurait aucune cohérence ou alors il faut m’expliquer.

Heureusement pour nous ,cela fait plusieurs années que la ville de Poitiers mène une politique ambitieuse pour allier qualité des aliments servis et redistributions locales des deniers publics.

Elle va même déjà au-delà de ce que prévoit la loi dans certains domaines : des œufs de plein air et un repas végétarien ou végétalien presque chaque semaine alors que l’amendement sur la suppression de l’élevage en cage et celui sur l’introduction des repas végétariens ont été rejetés , 25% de denrées biologiques alors que les 20% prévus par le projet de loi ont été retoqués par le sénat.

Parce que le travail a déjà été engagé, la ville atteindra l’objectif de 50 % de produits bio et/ou locaux en 2019.

Contrairement à ce que certains peuvent dire, les produits non bio ne sont pas empoisonnés, et la localité, ça signifie quelque chose :

Ça veut dire de l’huile de Chauvigny, des yaourts de la Gartempe et des pâtes de Senillé Saint Sauveur, donc des producteurs, agriculteurs-transformateurs, qui peuvent développer leurs activités en investissant et donc créer des emplois.

Ça veut dire des producteurs de quinoa de Lhomaizé qui ont des commandes stables et peuvent se projeter.

Ça veut dire des producteurs de fruits et légumes qui se sont fédérés en coopérative, s’entraident et développent leur filière.

Cela signifie réinjecter l’argent public de façon locale.

Je vous propose donc de voter cet engagement de la ville dans sa politique d’approvisionnement.

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Conseil Municipal du 18 Juin 2018 Intervention de Coralie Breuillé : Contractualisation avec l’Etat

Il est apparemment de bon ton de s’inspirer de livre que l’on n’a pas lu ou compris.

Je commencerai donc mon intervention en disant que je n’ai pas l’âme d’une Anastasia Steele. Je ne suis pas du genre à ma laisser contraindre contre de l’argent ou à en redemander lorsqu’on me maltraite.

Je n’ai rien contre ceux qui pratiquent le BDSM, tant que c’est entre personne consentantes, et que BDSM ne signifie pas « Bâillonner Despotiquement Ses Mairies ».

Et là on ne peut pas dire qu’on soit consentant.

Il est en effet assez rare de devoir voter une délibération dont les motivations listent les défauts, soulignent les paradoxes et limites pour au final quasiment ne rien dire concernant les avantages. Pourtant, c’est bien ce qui nous est demandé avec cette convention financière avec l’état.

Ce n’est pas surprenant, la contractualisation des dépenses de fonctionnement des collectivités est indéfendable. Sur la forme, comme sur le fond.

Sur la forme car cette contractualisation n’a de contrat que le nom. Quand on signe un contrat, on discute, on prend une feuille blanche avec les objectifs respectifs, ceux qui peuvent être mis en communs ou rapprochés. Là, c’est un contrôle et une contrainte, pas un contrat. Que l’on soit d’accord ou non, que l’on signe ou non, les contraintes et éventuelles sanctions nous seront imposées. Il s’agit là bel et bien d’un diktat.

Sur le fond, nous sommes bien sûr opposés à ce que l’État s’immisce dans la construction souveraine de nos budgets. Cela constitue une remise en cause sans précédent de la libre administration des collectivités territoriales, pourtant garantis par la Constitution.

Au-delà des grandes phrases, concrètement, cela veut dire que lorsque nous votons le budget, nous donnons mandat à Francis Chalard de gérer les finances de cette ville. Pas à M. Edouard Phillippe  ou Gerald Darmanin.

Et si nous décidons, politiquement, souverainement, de dépenser 1.5% pour gérer notre ville, nous n’avons pas besoin que quelqu’un vienne nous taper sur les doigts. Ce sont les poitevins que doivent  nous sanctionner. Nous avons été élus par les citoyens de notre commune pour mettre en œuvre des programmes, des politiques publiques qu’ils ont choisis. Avec ces contrats, c’est ce choix démocratique qui est bafoué.

Les comptes de Poitiers sont bien tenus, comme dans de très nombreuses collectivités, contrairement aux comptes de l’Etat. Alors en voulant contrôler le niveau d’augmentation des dépenses de fonctionnement, l’Etat ne cherche pas en fait à contrôler la bonne gestion. Il cherche à contrôler les politiques publiques mises en œuvre. Si l’objectif est de réduire les services publics, que le gouvernement l’affiche et on verra ce que la population répondra !

Si L’État décide de rattraper le retard et d’augmenter les salaires des fonctionnaires (ce que nous applaudirions), comment le pourrions nous ?

Le Président nous demande d’ouvrir les médiathèques le dimanche et en soirée

Le Gouvernement rend obligatoire l’école à partir de 3 ans et donc nous oblige à subventionner les écoles privées.

L’assemblée nous demande 50 de bio et/ou local

Qui va payer ?

Sans juger du bienfondé des mesures, comment fera-t-on avec cette contrainte des 1.2%? Il ne faut pas avoir fait l’ENA pour comprendre qu’on ne pourra le faire qu’en augmentant nos dépenses de fonctionnement.

Notre opposition à la contractualisation est donc bien sur une contestation politique mais c’est aussi en l’occurrence une position de principe. En effet, les budgets que nous avons votés, depuis maintenant de nombreuses années, sont des budgets raisonnés, maitrisés et contrôlés. Et notre refus présent ne signifie pas que nous encouragerons à l’avenir des politiques dispendieuses.

 

Mais ce dispositif est incohérent et inacceptable. Nous ne le voterons donc pas

 

 

 

 

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Poitiers Mag de Juin 2018 : Article de Coralie Breuillé-Jean

Un cadeau en trompe-l’œil

Les communistes portent depuis longtemps un projet d’extension de la scolarité obligatoire de 3 à 18 ans. L’annonce par le président d’abaisser l’âge de début de scolarité obligatoire de 6 à 3 ans aurait donc dû nous satisfaire, au moins partiellement.

Parce que même si ce n’est qu’une décision quasi symbolique, puisque 97 % des enfants de 3 à 6 ans sont déjà scolarisés, cela aurait pu être un signal fort d’engagement pour l’éducation.

Il n’en est rien. Car si le ministre de l’Éducation Nationale se félicite que le budget alloué à son ministère ne baisse pas, ce dernier ne représente qu’un tiers du budget total dédié à l’éducation, le reste étant pris en charge par les collectivités territoriales.

Ce sera donc une nouvelle fois aux communes de faire des efforts pour financer les cadeaux de Jupiter. Car ne nous leurrons pas : ce n’est pas l’école publique qui sera avantagée par cette décision. A Poitiers, ce sera une subvention supplémentaire minimum de 157 200€ minimum à prévoir … pour les écoles privées.

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Poitiers Mag de Mai 2018 : Article de Patrick Coronas

MACRON contre les communes

 Le gouvernement de M. MACRON a réussi l’exploit de rendre impossible toute nouvelle politique des collectivités. Ce tour de force tient en 2 règles d’airain, la limitation à +1,2% des dépenses de fonctionnement et la limitation des emprunts.

 Les +1,2% ont une conséquence simple, si des élus doivent répondre à un nouveau besoin il faudra en supprimer d’autres. L’école pour tous à 3ans c’est pour Poitiers de nouvelles classes et donc des ATSEM en plus car le choix (qui n’est pas celui de toutes les communes) est d’avoir pour chaque classe un poste d’ATSEM. Quels postes ou quelles subventions faudra-t-il supprimer pour respecter les +1,2%?

 La limitation des emprunts est du même tonneau. Les projets d’investissement permettant des économies de fonctionnement en énergie par exemple seront de fait limités. Il devient compliqué d’économiser sur le fonctionnement ce qui vous bloque pour les 1,2%.

 Le tour est donc joué et les marcheurs qui sont déjà sur la ligne de départ devront expliqués ce qu’ils veulent supprimer avant de proposer de nouvelles actions ou de nouveaux investissements.

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Poitiers Mag d’Avril 2018 : Article de Nathalie Rimbault-Raitiere

Statut et progrès

 Après le code du travail, c’est au tour du statut des cheminots d’être la cible du gouvernement. Et bientôt cela sera celui de l’ensemble des fonctionnaires car tout statut qui offre quelques sécurités dérange ceux qui veulent imposer plus de libéralisme, de concurrence et de flexibilité.

En opposant les uns aux autres (salariés du privés/fonctionnaires, actifs/privés d’emploi, retraités/jeunes, etc …), avec le glissement sémantique d’ « acquis sociaux » à « avantages » et maintenant à « privilèges », le gouvernement cherche à cristalliser le débat tout en évitant d’aborder les vraies questions sur les conditions des salariés d’aujourd’hui.

 Pourtant l’amélioration de la condition salariale doit être au cœur d’un projet de société responsable. Acteurs du monde économique et du monde social gagneraient à développer un dialogue de qualité et à considérer cette amélioration comme une ressource pour les employeurs et un levier émancipateur pour les salariés.

 

 

 

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