Conseil Municipal du 18 Juin 2018 : Intervention de Coralie Breuillé : Politique d’approvisionnement

Le 26 Mai 2018, l’Assemblée Nationale a voté un projet de loi demandant à la restauration collective publique d’inclure 50% de produits bio et préservant l’environnement dont 20% minimum de bio dans ses denrées d’ici à 2022.

Mais elle n’a rien prévu de plus : aucun moyen financier supplémentaire, aucun accompagnement dans les démarches, aucun encadrement de production.

Demander aux collectivités territoriales de porter seule un nouveau modèle d’agriculture, sans mettre en place les conditions pour y arriver, ce serait comme annoncer qu’on ne veut plus personne à la rue, mais baisser les budgets des CHRS de 20M d’euros. Ce serait comme annoncer qu’on veut faire de l’accompagnement social une priorité mais supprimer 4000 postes à Pôle Emploi. Ou dire qu’on fait de la politique pour l’homme pauvre, mais vouloir réduire le budget des aides sociales tout en supprimant l’exit tax. Ou rappeler que l’immigration, ce sont des vies humaines qui se jouent mais laisser l’Aquarius au milieu de la Méditerranée

Bref, ça n’aurait aucune cohérence ou alors il faut m’expliquer.

Heureusement pour nous ,cela fait plusieurs années que la ville de Poitiers mène une politique ambitieuse pour allier qualité des aliments servis et redistributions locales des deniers publics.

Elle va même déjà au-delà de ce que prévoit la loi dans certains domaines : des œufs de plein air et un repas végétarien ou végétalien presque chaque semaine alors que l’amendement sur la suppression de l’élevage en cage et celui sur l’introduction des repas végétariens ont été rejetés , 25% de denrées biologiques alors que les 20% prévus par le projet de loi ont été retoqués par le sénat.

Parce que le travail a déjà été engagé, la ville atteindra l’objectif de 50 % de produits bio et/ou locaux en 2019.

Contrairement à ce que certains peuvent dire, les produits non bio ne sont pas empoisonnés, et la localité, ça signifie quelque chose :

Ça veut dire de l’huile de Chauvigny, des yaourts de la Gartempe et des pâtes de Senillé Saint Sauveur, donc des producteurs, agriculteurs-transformateurs, qui peuvent développer leurs activités en investissant et donc créer des emplois.

Ça veut dire des producteurs de quinoa de Lhomaizé qui ont des commandes stables et peuvent se projeter.

Ça veut dire des producteurs de fruits et légumes qui se sont fédérés en coopérative, s’entraident et développent leur filière.

Cela signifie réinjecter l’argent public de façon locale.

Je vous propose donc de voter cet engagement de la ville dans sa politique d’approvisionnement.

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