Intervention de Patrick Coronas – Conseil Municipal 30 Mars 2015

La situation budgétaire des collectivités et en particulier de la notre est difficile et le sera de plus en plus. La conjoncture nationale et internationale ne crée pas les conditions favorables à un budget serein et optimiste

De plus et nous le savons, Poitiers n’est pas une ville riche :

  • La situation économique de nos habitants (19% de bénéficiaire du RSA, 51% des foyers ayant droit à des exonérations ou des dégrèvements de la taxe d’habitation que l’état d’ailleurs ne compense que partiellement)
  • Le taux de chômage élevé (plus de 16 % sur Poitiers alors qu’il est inférieur à celui de la Région sur l’aire économique de Poitiers)

Ces chiffres ne sont pas dus à un effet économiquement néfaste de la politique municipal comme aime à la dire le groupe UMP de Poitiers, mais s’explique en grande partie par le déplacement des populations. Nos services publics (d’éducation, de solidarité, …) attirent une population jeune et pauvre et dans le même temps, le prix du foncier oblige une partie de la classe moyenne à s’éloigner de plus en plus. C’est l’un des aspects du rôle de centralité que Poitiers assume dans la Vienne.

Pour résoudre cette équation et continuer à répondre aux besoins légitimes de nos concitoyens, il faudra réussir à regagner des habitants et en particulier cette classe moyenne qui est aujourd’hui contrainte de quitter Poitiers.

Contrairement à ce que certains ont écrit sur les réseaux sociaux, nos projets de budget ne peuvent être globalement ambitieux (dans le contexte actuel, ce serait irréaliste), j’avais clairement indiqué à l’agglo que ce sont nos investissements qui se devaient d’être ambitieux en particulier sur la rénovation des bâtiments.

Pour poursuivre cette ambition sociale qui rend notre ville si particulière à tout point de vue (richesse du monde associatif, offre culturelle variée et accessible à tous, générosité de la politique sociale, défaite de la droite dans 4 cantons sur 5), il nous faudra donc faire des choix. Des choix raisonnés, réalistes et conformes à nos valeurs.

L’ambition sociale est présente en particulier dans les budgets du CCAS et des maisons de quartiers, dans celui de la politique de l’ANRU. Des budgets en augmentation, ce qui est un réel choix politique.

Pour aller plus loin, les solutions peuvent se trouver dans des relations d’entraide non-monétaires. Nous avons commencé avec les logements intergénérationnels, nous devrions penser à la monnaie locale. Des collectifs à Poitiers travaillent d’ors et déjà dessus, accompagnons-les.

En ce qui concerne les bâtiments, nous n’en ferons jamais assez si nous ne prenons pas la décision de diminuer notre patrimoine afin d’investir plus fortement et plus efficacement sur ce qui est réellement utile et utilisé. Par exemple, nous ne pouvons que nous réjouir de la vente du bâtiment de l’école Saint Louis pour la réalisation de logements sociaux au centre ville. Ce bâtiment acquis il y a plus de 20 ans et malheureusement vide depuis aura plus de valeur pour notre ville ainsi et sera ainsi enfin au service des habitants.

La construction du TAP aurait dû nous amener à prévoir la vente globale de l’ancien bâtiment et à positionner les investissements culturels de la salle d’arts visuels sur un des quartiers en l’intégrant à une rénovation globale d’une maison de quartier.

Il n’en reste pas moins que ce projet culturel en lui-même porté par l’élu à la culture et le directeur de l’école d’arts plastiques est d’un intérêt certain mais qui à notre sens aurait pu s’intégrer dans un autre lieu.

Ce besoin d’avoir un patrimoine de qualité et donc plus restreint explique d’ailleurs notre vote sur le nouveau monument aux morts. Là aussi, l’entretien de notre patrimoine mémoriel devrait passer avant de nouveaux projets.

Il reste cependant une forte inquiétude. Il faudra réussir à maintenir nos services publics dont le besoin se fera de plus en plus sentir. Cela passe par des effectifs en nombre suffisant et correctement formé. L’effort est fait budgétairement avec +2% de dépenses en ressources humaines au service des habitants. Cependant, même si le nombre d’emplois est stable le nombre de postes effectifs pourvus est en diminution. Si la volonté politique de lutter contre la précarité a permis de diminuer de plus de la moitié les postes de non titulaires et de résorber les temps partiels non choisis, cette diminution du nombre de postes pourvus a des effets sur le fonctionnement des services et sur laquelle nous devons rester vigilant.

L’ambition va être là aussi de savoir comment faire fonctionner nos services publics avec des budgets contraints dans les années à venir.

Certaines collectivités ont déjà commencé à stabiliser voire à diminuer ces dépenses ce qui se traduira obligatoirement par des baisses des effectifs. Ce n’est pas le choix qui a été fait ici et nous saluons ce choix politique car nous pensons que c’est celui qui aide à plus de justice sociale.

Il est fort probable que l’action sociale de nombreux départements soit revue à la baisse. Pour notre commune, cela aura des conséquences sur la vie des habitants de notre ville.

A Grand Poitiers, j’ai évoqué la nécessité pour les élus d’être concret, pour être cohérent et donc crédible. Les groupes d’opposition sont dans leur rôle lorsqu’ils critiquent le budget présenté par l’exécutif. Mais chaque élu qui appelle à des économies devrait clairement se positionner pour dire quelles subventions doivent baisser ou être supprimées. Il faut aussi assumer clairement les discours qui opposent les populations. Les votes sur les gens du voyage au conseil d’agglomération outre qu’ils s’opposent à la loi ne peuvent que contribuer à créer des tensions et si on doit critiquer les modes de vie et les migrations, on pourrait parler de la migration des Mulliez en Belgique qui leur permet de ne payer que 0.01% du profit de leur société. Ne s’attaquer qu’au plus faible n’est pas faire preuve de courage même si on peut reconnaitre là une constante : le groupe UMP assume un vote de classe. Le même que lorsqu’il s’oppose à la création de logement sociaux en centre-ville. Saluons au moins cette cohérence.

Dans le même souci de cohérence et dans la continuité de leur action contre la vente de bâtiment de l’ancien théâtre, nous nous attendons à ce que le groupe Osons Poitiers attaque l’Etat suite à la vente à un prix honteusement bas des bâtiments de la rue Scheurer-Kestner, puisqu’eux aussi s’opposent à la création de ces logements sociaux dont le Centre-Ville à pourtant grand besoin pour les raisons évoquées au début de mon intervention.

Nous regrettons bien sûr que les baisses de dotations qui nous privent des marges de manœuvre dont nous aurions besoin. Mais, soyons honnêtes, Le Maire aujourd’hui serait Mme Daigre, Mme Fraysse, M. Palisse, M. Verdin, ou encore plus fou, M. Coronas, les baisses de dotations qui nous contraignent aujourd’hui seraient les mêmes. Ce qui emporte notre vote, ce sont les choix faits dans ce cadre. Ils nous semblent globalement aujourd’hui être les bons.

Nous groupe Communiste et Républicain voterons donc ce budget

Publicités
Cet article, publié dans Conseil Municipal, patrick coronas, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s