Intervention de Patrick Coronas – Conseil d’Agglo le 27 Mars 2015

D’un point de vue financier, il n’y a rien de nouveau depuis les orientations budgétaires du 20 février.

La politique suivie par l’agglomération poursuit ses multiples objectifs :

-stabilité des taux de fiscalité (sauf pour la TEOM) mais qui se traduira malgré tout par une augmentation pour les habitants
– programme d’investissements que l’on veut ambitieux en particulier sur le petit et le grand entretien de nos équipements pour lesquels un retard d’investissement est patent et qu’il est maintenant devenu indispensable de rattraper
– maintien des effectifs pour permettre le fonctionnement de nos services publics
– préparation des futurs investissements pour les équipes qui nous suivront et les besoins futurs de nos concitoyens

Mais tout cela va se heurter cette année et encore plus les années prochaines à la baisse des moyens des collectivités liée à la baisse des dotations de l’Etat.

D’ailleurs le Budget principal (50 % du budget de Grand Poitiers) montre un basculement. La fiscalité nette des ménages est supérieure aux dotations (24.2 millions d’euros contre 23.1 en 2012 nous avions 18.4 contre 24 millions).

Finalement, contrairement à ce que j’avais dit lors du débat d’orientation budgétaire, l’état se décide enfin à donner une réelle autonomie budgétaire aux collectivités. Et la solution était simple, il suffit de retirer des dotations et nous voilà enfin autonome…mais sans moyens !!

Je ne reviendrai pas longtemps sur l’incroyable clarté de la fiscalité des entreprises. Je regrette seulement que personne n’ait pu réussir à coupler l’imagination de l’Inspection des finances à un système de production énergétique. Nous serions alors à l’égal du Qatar…

Mais en tant qu’élus, cette autonomie nous devons nous en saisir même si nous en connaissons les limites. Il faut faire preuve d’imagination et lui donner corps. En tant qu’élus, nous devons également nous garder de l’anathème et de l’incantatoire. Ne proposer que ce que nous savons réalisable et souhaitable. Etre concret, pour être cohérent et donc crédible. Dans cette période de défiance envers le politique et ses représentants, cette responsabilité est devenue un véritable enjeu démocratique.

Le risque est donc grand de ne faire que subir, de paralyser l’action publique. Il nous faut au contraire une ambition pour combattre les forces qui nous proposent soit un repli sur soi, soit un repli sur le passé. La tentation est grande devant l’ampleur des difficultés mais nous devons créer, nous appuyer sur nos forces et sur les habitants pour montrer qu’in peut ensemble construire un avenir.

Mais comment mobiliser les habitants quand ne s’affrontent que des futurs en recul et des politiques qui proposent :

*soit de supprimer des services publics et de l’emploi public pour économiser

*soit de maintenir ce qui existe ou d’essayer d’en perdre le moins possible compte tenu des réalités financières

*soit de retourner vers la passé, un passé rêvé, idéalisé d’une société qui n’a jamais existé sous prétexte que c’était tellement mieux avant (avant quand ? quand l’espérance de vie était plus faible ? quand nous étions en guerre ? quand l’armée tirait sur des civils le 26 mars 62 à Alger ?)

Il est donc temps de penser à créer.

Créer une autre agglomération (peut-être plus grande mais qui devra rester à échelle raisonnable, peut-être différente sous la forme d’une communauté urbaine).
Cela obligera à rediscuter de fiscalité, de reversements.
Cela nous obligera également à revoir nos compétences, à assumer le rôle de centralité en tant qu’agglomération tant sur le plan social que sur le plan culturel, à affirmer notre soutien à l’enseignement supérieur.

Dans tous les cas, ce passage à l’échelon de l’agglomération, de la communauté sera l’occasion d’affirmer des politiques, de s’affronter sur l’avenir que nous souhaitons.

Dès maintenant, il nous faut discuter sur une vision pluriannuelle à l’image des PPI de notre engagement sur le SMASP, l’aéroport, l’Université et l’enseignement supérieur et sortir d’une vision annuelle qui nous fait perdre de vue les objectifs de nos politiques.

Enfin il faudra savoir créer de nouvelles richesses, qui ne peuvent se limiter à leur aspect financier. En effet, les élus ont toujours tendance à voir le budget en dépenses (construction, services) et en recettes (fiscalité) sans imaginer autre chose.

Mais toute activité publique, tout investissement public n’a pas vocation qu’à coûter en mise en place et en fonctionnement. Elle peut également apporter en termes d’amélioration du quotidien, de développement des habitants et des territoires. Des progrès qui ne s’évaluent que difficilement en terme monétaire. Il nous faut donc avoir d’autres ambitions pour nos investissements.

Dans le même temps, le retard pris dans l’entretien de notre patrimoine me conforte dans l’idée qu’il n’est plus temps d’en augmenter la taille mais qu’il nous faut investir pour augmenter sa durée de vie tout en baissant les coûts de fonctionnement. Il s’agit également de rendre productif notre patrimoine pour continuer à se donner les moyens d’une politique solidaire que la baisse des dotations de l’état finira par mettre à mal. Par exemple, les investissements dans le camping de Saint Cyr géré par le SMASP ont transformé cet outil déficitaire en un camping attrayant dont le fonctionnement ne nécessite plus d’argent public. C’est ce que nous devons arriver à faire maintenant pour le restaurant du site, nos activités n’ayant pas vocation à être déficitaire si elles n’apportent pas de bien social.

Nos activités, notre patrimoine doivent devenir des sources de création de richesses et d’emplois (en terme de production d’énergie par exemple) pas seulement de coût. Car très vite, nous n’en aurons plus les moyens.

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