Intervention de Patrick Coronas – Conseil Municipal du 28 Avril 2014

Délibération 2 : Orientations budgétaires. Intervention de Patrick Coronas pour le groupe Communiste et Républicain

Les orientations budgétaires présentent les données internationales et nationales pour rappeler que notre budget n’est pas une donnée hors réalité mais cela peut aussi avoir comme conséquence de briser toute velléité à innover, face au rouleau compresseur de chiffres déprimants. Il faut donc sans ignorer ce qui nous entoure être capable de se centrer sur le local et sur nos actions.

Si comme chaque année, croissance et zone euro illustre un oxymoron, la pression du budget de l’État sur le budget des collectivités locales ne fait que commencer. Pour Poitiers, la baisse des dotations est limitée mais cela n’est due qu’à cette simple réalité, nous sommes une ville pauvre.

C’est là d’ailleurs toute la limite de l’autonomie des collectivités. Quand 30 % des recettes proviennent directement du budget de l’État, la notion d’autonomie est toute relative. Est-elle d’ailleurs souhaitable et jusqu’à quel point ? L’autonomie, c’est bien quand on est riche comme nous le montre les mouvements régionalistes et autonomistes en Europe de la Flandres au Nord de l’Italie. Au bout du bout, l’autonomie c’est la fin des solidarités.

Pour en finir avec les relations État collectivité, après 40 ans de budget déficitaire, après 40 ans de crise (mais puisque depuis 40 ans nous vivons cette situation, il est bien étrange de parler de crise qui par définition devrait être limitée dans le temps), la réponse est donc une baisse des dotations, une multiplication des appels à projets sans visibilité après lesquels les collectivités sont appelées à postuler pour trouver quelque argent et des dépenses supplémentaires imposées comme la modification du temps scolaire et périscolaire, les législations sur la qualité de l’air intérieur comme la nouvelle loi sur les ondes électromagnétiques…

Nous ne partageons pas cette analyse et nous pensons que cette politique nous mène dans une impasse.

Mais les désaccords des députés communistes avec la politique nationale que nous appelons politique d’austérité et que le gouvernement appelle responsabilité, compétitivité ou relance, votée par M. le Député ne signifient pas par automatisme un désaccord du groupe Communiste et Républicain avec la politique menée à Poitiers par le Maire et la majorité du conseil municipal. Un autre maire et une autre majorité auraient les mêmes contraintes, les mêmes cartes en main pour définir les axes de sa politique. Mais toutes ne feraient pas les choix budgétaires de ces orientations que nous soutenons.

Donc nous sommes une ville pauvre (51% des foyers ont droits à des exonérations ou des dégrèvements de taxe d’habitation) et si le taux de chômage de la zone de Poitiers est plus faible que celui de la région (l’ancienne) et du département (tant qu’il existe) il est sur Poitiers de plus de 16%, avec 19% de bénéficiaire du RSA.

Poitiers joue à tout point de vue son rôle de centralité. Les services rendus de grande qualité attire une population plus jeune, plus pauvre. Ainsi si le nombre d’habitants stagne, le nombre d’enfants scolarisés a augmenté de 11,4% en 5 ans.

Le voilà bien le volet politique de notre budget, il nous faut assurer des services publics de qualité pour tous afin de faire de cette jeunesse une force, un dynamisme, afin de coconstruire un avenir avec les habitants.

C’est pourquoi le choix est fait encore cette année de maintenir les effectifs de nos services publics afin de conserver cette qualité de vie qui fait de notre ville un lieu agréable à vivre et d’augmenter le budget du CCAS pour assurer notre politique sociale.

Ce choix de maintien des effectifs qui se traduit par une augmentation du budget consacré au personnel n’est pas le choix d’autres collectivités. Ainsi Grenoble dans ses OB indique que la masse salariale sera stable ce qui mécaniquement implique une baisse du nombre de postes pour la ville. Leurs choix sont comme les nôtres, contraints et c’est pourquoi toute comparaison n’est pas raison.

D’autres villes ont fait le choix de diminuer leur offre culturelle (comme Montmorillon avec l’annulation de leur festival « La Nocturne du Patrimoine).

Nous ne pensons pas que la solution à la crise que nous traversons soit dans la diminution de l’offre culturelle ou du nombre de fonctionnaires. Bien au contraire.

Nos choix politiques de ces OB sont donc clairs :

-un maintien des services publics et donc du personnels pour ces services (crèches, ATSEM, services de soin à domicile, restauration collective,…

-une politique sociale forte avec une augmentation du soutien au CCAS

Les prochaines années seront probablement plus difficiles encore.

Le faible prix du pétrole n’est pas appelé à durer, l’effort de maîtrise des dépenses ne pourra pas continuer sans atteindre la qualité des services publics, les faibles frais financiers aussi ne dureront probablement pas. Les solutions trouvées sur ce budget avec l’augmentation de certains tarifs de 2% et la baisse de 2% des subventions ne sauraient être pérennes.  Ou alors avec le risque de voir fragiliser le tissu associatif et une partie de la population exclue de l’accès aux services publics.

Il faut donc faire des choix politiques qui s’ancrent dans la réalité, s’inscrivent dans la durée et fassent preuves d’imagination.

Il faudra ainsi savoir produire des richesses, valoriser les services de la collectivité et faire le choix politiques de distinguer les services publics qui apportent l’égalité dans les territoires et les services au public qui doivent à minima s’équilibrer (C’est par exemple le choix qui a été fait au parc de Saint Cyr en distinguant l’accès au Parc service public et le fonctionnement de la buvette service au public).

Il faudra aussi assumer des investissements et donc une augmentation de la dette pour maintenir l’activité économique locale et donc l’emploi en s’assurant que ces investissements nous assureront des économies de fonctionnement et donc des marges de manœuvres financières.

Ces choix ses sont ceux du vivre ensemble, ils nécessiteront une politique à l’échelle de l’agglomération, de la communauté urbaine peut-être et plus largement encore.

C’est loin d’être gagné lorsque je lis M. Giraud qui déclare être : « le rempart de Grand Poitiers contre les risques d’annexions ». Qu’en terme léger le vivre ensemble est présenté.

Ce sont aussi des choix face à des demandes de subvention qui augmente, des demandes de gratuité de services et des demandes de baisse d’impôts.

Faire d’autres choix est possible mais ce ne seront pas les mêmes orientations budgétaires. Et donc pas la même politique.

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